Un pierre-feuille-ciseaux, mais avec des animaux
J'aurais envie de créer un jeu qui reprend le système connu de pierre-feuille-ciseaux mais qui l'étoffe un peu plus… on va utiliser des animaux… un côté un peu évolutif, avec des capacités qui rajoutent un peu de stratégie, sans que ça soit très complexe. Et c'est censé être un jeu compétitif un contre un.
Claude a proposé un cercle de cinq animaux : chacun en mange deux et se fait manger par les deux autres, donc aucun n'est plus fort qu'un autre. À chaque manche, les deux joueurs choisissent en secret, on révèle en même temps, et celui qui mange l'autre marque. Deux victoires avec le même animal, et il évolue.
Pour le nom, Claude m'a fait neuf propositions (Chifauve, Crocs & Griffes, Pierre-Patte-Plume…). J'ai choisi la plus simple : Qui Mange Qui ?
Jouable au bout de dix-sept minutes
La première version avait déjà l'essentiel : les règles, un ordinateur contre qui jouer (facile, moyen ou difficile), et un petit suspense avant chaque révélation, « Qui… mange… qui ?! ». C'était encore très simple à regarder, mais on pouvait déjà jouer.
Avant de me montrer chaque changement, Claude faisait jouer des milliers de parties entre ordinateurs pour s'assurer qu'aucun animal n'était trop fort, et que l'ordinateur « difficile » savait repérer les joueurs qui ont des habitudes.
Des règles taillées à coups de remarques
Ensuite, j'ai joué et j'ai réagi. Chaque remarque devenait une modification.
- « C'est illogique que la souris batte le lion et l'éléphant. » Elle a été remplacée par le scorpion, qui pique le lion et l'éléphant mais se fait manger par l'aigle et le serpent.
- « Qu'est-ce qui définit qu'un animal est grand ou petit ? » Rien de logique. Nouvelle règle : tout le monde commence petit, puis chaque joueur choisit en secret deux animaux qui deviennent grands.
- « Mais quand tu les fais grandir, à quoi ça sert ? » J'ai choisi « un gros, ça nourrit plus » : un combat où participe un grand vaut 2 points.
- « Où est-ce qu'on peut réintroduire la mécanique de fatigue ? » Un grand qui gagne fait la sieste la manche suivante.
- Enfin, la partie se joue en 10 points.
Les règles finales
- Cinq animaux : aigle, serpent, scorpion, éléphant, lion. Chacun en mange deux.
- On choisit en secret, on révèle ensemble ; celui qui mange l'autre marque.
- À 4 points, chacun fait grandir deux animaux : un gros, ça nourrit plus.
- Un grand qui gagne se repose la manche suivante.
- Deux victoires avec le même animal : il évolue et gagne un pouvoir.
- Le premier à 10 points gagne.
Rendre la morsure satisfaisante
Ralentis un peu, change le mode d'animation quand l'un mange l'autre, pour qu'on puisse voir un peu plus longtemps ce qui vient de se passer.
Désormais, le gagnant prend son élan et se jette sur sa proie, un tampon « CROC ! » s'abat, la proie part en petit nuage et le gagnant file vers le score. Les animaux évolués ont reçu une couronne et des cartes dorées.
Cinq tours de maquettes pour trouver le bon trait
Maintenant j'ai envie qu'on travaille les graphismes… mais avant, crée une copie de cette version, pour qu'on puisse y revenir et comparer après. Propose-moi trois pistes créatives.
Claude a fait dessiner par ElevenLabs des maquettes de l'écran de jeu, toujours le même moment, pour comparer facilement. Aucune des premières pistes ne m'a plu, mais chaque refus a précisé ce que je voulais :
- « Je veux un côté fait main, un peu naïf, des effets très doux : nuages, buée… »
- « Encore plus simple, plus épuré, comme si c'était un dessinateur japonais. »
- « J'aime bien la version kawaii épurée, mais avec des couleurs un peu plus vives. » Puis : « Trop coloré. Trouve un juste milieu. »








À partir de la maquette choisie, ElevenLabs a dessiné les cinq animaux, leurs cinq évolutions et la jungle brumeuse du décor.
AvantAprès
Musiques et bruitages
Maintenant, je veux que tu crées les bruitages et les musiques avec ElevenLabs. Fais-moi des propositions de musique.
Trois musiques au choix dans le jeu (Zen, Marimba, Conte) et seize bruitages : la morsure, le tic du compte à rebours, les cartes qui se retournent, l'évolution… J'ai ensuite demandé quelque chose de « plus feutré, plus doux ». Claude a cru que je parlais de la musique et en a composé deux nouvelles, alors que je pensais aux bruitages ! Les musiques d'origine sont restées, et les bruitages ont été adoucis.
Jouer à deux, chacun chez soi
Chacun se connecte à partir de chez lui à travers la même adresse. Il rentre juste son nom et un mot de passe… quand un autre joueur met le même mot de passe, ils se retrouvent sur la même partie.
Dix minutes plus tard, le jeu était en ligne, gratuitement. On choisit un mot de passe avec un ami, et la partie commence. Personne ne peut voir le choix de l'autre avant la révélation. Sont venus ensuite un mode « Pas à pas » qui guide la première partie, et un message quand l'adversaire s'en va.
Pour finir, une bande-annonce
Il restait à présenter le jeu. Après un petit casting de voix off, j'ai choisi celle de Stéphane. La première vidéo, toute en douceur, était « beaucoup trop plate » ; la deuxième montrait enfin le vrai jeu en action ; la troisième, inspirée des jeux indépendants japonais, a trouvé le ton : kawaii, rythmée, pour les enfants comme pour les adultes, avec une musique orchestrale façon dessin animé et une fin où les cinq animaux se saluent poliment, « Itadakimasu ! » (« bon appétit ! »), avant de se regarder d'un drôle d'air.
Ce que j'en retiens
Mon rôle a ressemblé à celui d'un directeur créatif : dire ce que je voulais, jouer, dire ce qui clochait. Claude a imaginé les règles, écrit le jeu et l'a testé ; ElevenLabs a dessiné, composé, bruité et prêté sa voix.
Ce qui m'a le plus marqué, c'est la façon dont les refus font avancer : cinq tours de maquettes pour trouver le trait, trois vidéos pour trouver le ton. Chaque « je ne suis pas fan » était réglé en quelques minutes, ce qui laisse toute la place au jeu lui-même.
À votre tour de croquer
Le jeu est gratuit et se joue dans le navigateur, seul contre l'ordinateur ou à deux en ligne : partagez l'adresse avec un ami, choisissez ensemble un mot de passe, et que le meilleur mange l'autre.