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Jouer à n’importe quel jeu dans votre langue : l’IA le rend possible

Grâce à l’IA, des passionnés traduisent les jeux vidéo dans toutes les langues, textes comme voix, même ceux qui ne sont jamais sortis chez nous.

Jouer à n’importe quel jeu dans votre langue : l’IA le rend possible

Combien de jeux n’avez-vous jamais pu comprendre, parce qu’ils n’existaient qu’en japonais, ou qu’en anglais ? Traduire un jeu a toujours coûté cher, et beaucoup d’éditeurs ne l’ont jamais fait. Avec l’IA, des passionnés peuvent aujourd’hui le faire eux-mêmes, en quelques semaines, et dans presque toutes les langues. Je pense que c’est une petite révolution pour nous, joueurs.

Pourquoi tant de jeux n’ont jamais été traduits

Traduire un jeu, ce n’est pas seulement traduire des phrases. Il faut des traducteurs, des comédiens pour les voix, des tests, et tout ça pour chaque langue. Pour un éditeur, si le marché est trop petit, ça ne vaut pas le coup. Résultat : des centaines de jeux sont restés au Japon, et très peu de jeux existent en arabe, par exemple.

Les fans ont souvent pris le relais, mais à la main. Une traduction de fan pouvait prendre des années, et beaucoup de projets ne se sont jamais terminés.

Parfois, il suffit d’ouvrir les fichiers de langue

Dans beaucoup de jeux, surtout récents, le texte et les voix sont rangés dans des fichiers à part : un fichier pour les dialogues, des fichiers audio pour chaque réplique. Pas besoin de toucher au cœur du jeu : on remplace ces fichiers par une version traduite, et le jeu parle une autre langue.

Deux captures du même écran d’un jeu rétro : à gauche, un dialogue en japonais dans une boîte bleue ; à droite, le même dialogue en anglais
Le même écran, avant et après traduction : le japonais à gauche, l’anglais à droite.

C’est là que l’IA change tout. Elle traduit des milliers de lignes en quelques heures, en gardant le ton de chaque personnage, à condition de lui donner le contexte et un lexique des noms propres. Il existe même des outils qui traduisent pendant que vous jouez : XUnity.AutoTranslator le fait pour les jeux faits avec le moteur Unity, Interpreter lit le texte japonais affiché à l’écran des jeux rétro, et l’émulateur RetroArch le propose depuis 2019.

Et quand il faut ouvrir le jeu

Pour les jeux plus anciens, le texte est souvent enfoui dans le programme lui-même. Il faut alors « décompiler » le jeu : retrouver un code lisible à partir du jeu vendu, pour le modifier puis le reconstruire. C’était un travail de plusieurs années. Super Smash Bros. Melee, sur GameCube, a demandé plus de six ans aux passionnés, terminés en septembre 2026 avec l’aide de modèles d’IA récents.

Cette année, des agents d’IA ont même reconstruit environ un tiers de Call of Duty: Modern Warfare 2 (2009) en quatre semaines. Et une fois le jeu reconstruit, on peut y ajouter ce qui manque : de nouvelles langues, mais aussi une version pour une autre machine.

Ce qui est sorti cette année

En 2026, plusieurs jeux jamais sortis du Japon ont reçu une traduction anglaise faite avec l’IA :

  • Snatcher, le jeu d’enquête de Hideo Kojima, dans sa version PlayStation. Sortie le 30 septembre : la machine a fait la première version, puis un humain a corrigé 10 970 lignes.
  • Segagaga, le jeu culte de la Dreamcast où l’on dirige Sega, en février.
  • Langrisser V, sur PlayStation, en juin, traduit entièrement par IA, sans relecture.
Une scène de Snatcher : un portier à tête de loup en costume rouge parle devant une rue de nuit, avec ses dialogues affichés en anglais
Une scène de Snatcher, avec ses dialogues en anglais.

Traduire les voix aussi

La partie la plus étonnante, pour moi, c’est la voix. Des outils de doublage par IA, comme celui d’ElevenLabs, traduisent une réplique dans plus de 90 langues en gardant le timbre et le ton de la personne qui parle. Comme les voix d’un jeu sont souvent de simples fichiers audio, on peut les traduire une par une : le personnage garde sa voix d’origine, mais il vous parle en français, en anglais ou en arabe. La technologie est là, des passionnés s’y mettent déjà : c’est aujourd’hui possible.

Mon avis : l’IA ne remplace pas les passionnés, elle leur donne un outil très puissant. Les meilleurs résultats viennent de gens qui connaissent leur jeu et qui relisent tout. Mais pour la première fois, jouer à n’importe quel jeu dans sa langue devient possible, et ça ne fait que commencer.

Sources

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